Saule

Dix ans après le succès de son premier opus, Baptiste Lalieu est toujours Saule. Plus que ja- mais. Depuis ‘Vous êtes ici’, l’artiste belge méta- morphose la chanson à sa façon. Dans ses disques,

sur scène, au cinéma ou même pour la revue élégante du célèbre Lido parisien, le chanteur incarne ses textes et les porte du haut de ses larges épaules.

Dans son parcours, Saule a souvent ressenti le besoin d’être rassuré. Chapeauté par Charlie Winston, remué par Dominique A ou en duo avec Mathieu Chédid ou Jean-Louis Aubert, il choisit aujourd’hui de s’émanci- per, de voler de ses propres ailes. Enregistré aux studios ICP en compagnie du producteur Mark Plati (Bowie, The Cure, Louise Attaque), son quatrième album s’est dessiné à l’instinct, dans l’énergie de l’instant. De cette montée de sève initiale, Saule laisse bourgeonner des hymnes épiques et chavirés : douze chansons souf- ées par des refrains qui ne craignent jamais d’aller trop loin ou trop haut. Car, de toute façon, rien n’est jamais trop beau. Alors, ‘L’Éclaircie’ suspend le temps et rêve le monde autrement.

Sous son titre, l’album triomphe des orages de la vie. Déjà, il n’était pas évident de marcher sur les pas de ‘Géant’. L’album précédent a atteint des sommets, am- pli és par les bienfaits du tube ‘Dusty Men’. Mais com- ment réitérer un best-seller qui tenait avant tout de l’accident de parcours, surtout quand on ne le souhaite pas ? Étranger à la recette de son succès, incapable de simuler le charme naturel d’une franche camaraderie, l’artiste se pose alors un tas de questions. Sous pres- sion, Saule plie les branches et perd quelques feuilles. Dans le creux, il rature et rature, à l’in ni. Pour ne rien arranger, remué par les affres de la quarantaine, Saule n’échappe pas aux tourbillons sentimentaux dans sa vie personnelle. Ces désordres, il décide non pas de les éluder, mais de révéler par son écriture un versant plus fragile, qu’il décide de mettre en lumière et de «soi- gner» par la musique.

Finalement, le gaillard se régénère à travers quelques lectures salutaires. Un livre, en particulier, va embellir ses pensées et chasser les nuages : ‘Le Pouvoir du mo- ment présent’, ouvrage signé de la plume d’Eckhart

Tolle. À partir de ce moment, Saule purge ses res- sentiments, ltre les frustrations et abandonne ses émotions dans un torrent de mots qui font du bien. Chaque matin, il écrit des chansons comme autant de catharsis. Le lâcher prise fonctionne. Saule retrouve l’excitation, la saine illumination. Totalement libéré, il pousse la voix au-delà de la raison, loin des attentes, du sur-mesure et d’un formatage contre-nature.

A bonne distance d’une actualité en berne, même si elle touche son auteur tous les jours... ‘L’Éclaircie’ offre du répit. Sur cet album, la n n’est jamais iné- luctable (Delove Song). L’amour survit au mépris des larmes (Quand Les Hommes Pleurent), de la jalousie (LC), du conformisme (Comme) ou de l’éloignement (La Femme Fantôme). Objet de passion et d’abnéga- tion, ‘L’Éclaircie’ est, de loin, l’œuvre la plus person- nelle de Saule. Sur ce disque, le chanteur joue sur les contrastes et transcende ses paradoxes. Il enchante en français mais s’abreuve à la source des musiques anglo-saxonnes. Il affectionne les airs joyeux, mais raf- fole des histoires tristes. Entre ironie et cynisme, faits divers et observations divines, le verbe du grand Saule se conjugue au présent, dans des chansons modernes et audacieuses. Sur le fond, dans sa forme, ‘L’Éclaircie’ mise sur l’homogénéité en adoptant un point de vue humain sur l’amour et la mort. De petits morceaux de vie pour un servir un grand disque.

18Nov2016

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