Kùzylarsen

Son nom est Kùzylarsen, ce n'est pas son vrai nom mais le nom de son histoire. Son véritable prénom est Mathieu, mais appelez-le Kùzylarsen c'est ce qu'il préfère. Son histoire se résume à des voyages, de nombreux voyages, aller, venir, repartir. Des voyages plutôt courts, longs, loin très loin ou près.

Voyage pour la musique, lorsqu'à la sortie de l'Insas, il se retrouve en Tunisie pendant un an. La journée dans des studios et la nuit dans la Médina à écouter des musiciens locaux. Voyage en caravane aussi, avec un cirque, sur les routes de France pendant 6 mois. Ensuite, metteur en son, encore, pour des compagnies de danse contemporaine en Europe, en Afrique et Amérique du Sud. Ca dure des mois, et ça crée sur le tas des dispositifs de multi-diffusion sonore toujours inventifs.

Et les voyages continuent, marqués par la découverte du oud, un instrument si méditerranéen et moyen-oriental. Entendu chez un vieil homme à Tunis qui en jouait tous les soirs devant sa porte dans le quartier de Halfaouine, le son de cet instrument ne cessera de hanter notre héros. Ses recherches le mèneront dans divers pays comme l'Egypte, le Liban, la Jordanie ou encore la Palestine ou la Turquie.

" A cette époque, Georges Bush Jr avait défini un Axe du Mal, ennemi de l'Occident, et immanquablement, ce sont les pays de cet axe que j'avais envie de connaitre, leurs musiques, leurs cultures, et leurs musiciens. Je me promenais toujours du mauvais côté de l'Axe..."

Kùzylarsen a dû aimer Corto Maltese et Arthur Rimbaud, je crois. Et les musiciens , évidemment., Parmi ces musiciens il côtoiera des maîtres comme Naseer Shama, Wissam Joubran, Mohamed Abouzakri... ainsi que le célèbre compositeur iranien Hamid Motebassem. Et aussi, parcequ'il a aussi toujours vibré aux sons de l'Occident, des musiciens comme Michel Massot, Laurent Blondiau et autres improvisateurs.

C'est d'ailleurs en Europe, après une dizaine d'années de voyages interrompus, qu'il se fixe et lance des projets bien différents: l'un avec les Tunisiens Jawhar et Sofiane Ben Youssef, comme un groupe rock en arabe, l'autre avec le joueur de setâr iranien Amir Sahraie. Il rejoint aussi l'ensemble Mezrab et le trio de oud Qadmoyo avec le syrien Elias Bachoura et le Belge Tristan Driessens.

Il y a eu alors une centaine de concerts, qui devinrent à la fin presqu'une routine. Puis un soir, après un concert à Istanbul, où le Trio Qadmoyo ouvre un prestigieux festival "classique", c'est comme un déclic: ne plus essayer de jouer le oud de la tradition, mais créer son propre projet, écrire ses chansons, chercher sa voie.

Il faudra encore quelques années, des performances underground, des expériences arty à Bruxelles, Berlin, Paris, Tokyo, pour voir naître alors le projet Kùzylarsen.

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